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Économie

Incendies de l'été : les assureurs chiffrent la facture à 500 millions d'euros

France Assureurs estime à près de 500 millions d'euros le coût des incendies qui ont touché la Gironde, les Landes et le Var cet été, un bilan appelé à être revu à la hausse.

Par Rédaction Arkendia News
Publié le 29/08/2026 à 08:45 · 6 min de lecture
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Une responsable européenne rencontre des pompiers français lors des incendies de Gironde en 2026
Visite officielle lors des incendies de Gironde, juillet 2026, Valentine Chapuis / Union européenne, CC BY 4.0, Wikimedia Commons.
En bref
Sommaire
  1. Une facture de 500 millions d'euros et en hausse
  2. Vingt et un mille sinistres, très majoritairement des particuliers
  3. Le coût plus discret des pertes d'exploitation
  4. Un bilan qui dépasse largement l'été 2022
  5. Les mesures annoncées par le gouvernement
  6. Une saison des feux hors norme
  7. Des conséquences durables pour les territoires touchés
  8. Le risque incendie de plus en plus pris en compte par les assureurs

Selon un premier bilan de France Assureurs, les incendies qui ont ravagé la Gironde, les Landes et le Var cet été ont causé près de 500 millions d'euros de dégâts, un montant susceptible d'être encore révisé à la hausse.

Une facture de 500 millions d'euros et en hausse

La fédération France Assureurs a dévoilé jeudi un premier bilan chiffré des incendies qui ont frappé plusieurs régions françaises au cours de l'été. Selon cette estimation, les dégâts provoqués par les feux de forêt en Gironde, dans les Landes et dans le Var représentent près de 500 millions d'euros de dommages assurés. La fédération précise toutefois que ce montant reste provisoire et qu'il devrait être revu à la hausse dans les prochaines semaines, à mesure que de nouveaux dossiers seront instruits par les compagnies d'assurance. Florence Lustman, présidente de France Assureurs, a résumé la situation en évoquant « l'ampleur exceptionnelle des dommages » constatés cet été sur l'ensemble des zones touchées par les incendies.

Vingt et un mille sinistres, très majoritairement des particuliers

Selon les chiffres transmis par la fédération, près de 21 000 sinistres ont été recensés à ce jour à la suite des incendies de l'été. La très grande majorité de ces dossiers concerne des biens appartenant à des particuliers, qu'il s'agisse de résidences principales, de résidences secondaires ou de biens mobiliers détruits par les flammes. Ce chiffre inclut également la prise en charge des frais de relogement pour une partie des 30 000 personnes qui avaient reçu l'ordre d'évacuer leur domicile pendant les épisodes les plus critiques. Ces frais de relogement temporaire, souvent moins visibles dans les bilans médiatiques que la reconstruction des habitations, représentent une part significative des sommes engagées par les assureurs depuis le début de l'été.

Le coût plus discret des pertes d'exploitation

Au-delà des particuliers, les professionnels et les collectivités territoriales ont également été durement touchés par les incendies. France Assureurs recense environ 3 000 déclarations émanant d'entreprises, d'exploitants agricoles ou de collectivités locales situées dans les zones sinistrées. Parmi ces dossiers, plus de 1 800 concernent spécifiquement des pertes d'exploitation, c'est-à-dire la perte de chiffre d'affaires et de revenus subie par une activité contrainte à l'arrêt en raison des incendies. Ce volet, souvent moins commenté que les dégâts matériels directs, est évalué à lui seul à près de 30 millions d'euros, un montant qui illustre l'impact économique durable de ces feux sur le tissu productif local, bien au-delà des seuls dommages visibles sur les bâtiments et les parcelles brûlées.

Un bilan qui dépasse largement l'été 2022

Ce nouveau bilan place l'été 2026 largement au-dessus de celui de 2022, jusqu'ici considéré comme l'une des saisons les plus coûteuses pour les assureurs en matière d'incendies de forêt. Entre juin et fin septembre 2022, environ 2 000 déclarations avaient été enregistrées, pour un coût total estimé à 80 millions d'euros. Le nombre de sinistres de l'été 2026 est donc plus de dix fois supérieur, tandis que le montant global des dégâts est multiplié par plus de six. Cette comparaison illustre l'ampleur inédite des feux de cette année, qui ont touché des zones plus densément peuplées et davantage de biens assurés que lors des précédents épisodes marquants.

Les mesures annoncées par le gouvernement

Face à l'ampleur des dégâts, le Premier ministre Sébastien Lecornu s'était rendu en Gironde à la mi-août, promettant de « sortir l'artillerie lourde » pour venir en aide aux sinistrés. Il avait alors annoncé une enveloppe de 12 millions d'euros d'aides immédiates destinées aux territoires les plus touchés, ainsi qu'un dégrèvement fiscal pour les entreprises dont l'activité avait été interrompue par les incendies. Le chef du gouvernement avait également promis une accélération de la délivrance des permis de construire pour permettre une reconstruction rapide des habitations détruites, un enjeu majeur pour les milliers de familles contraintes de trouver un logement temporaire depuis le début de l'été.

Une saison des feux hors norme

Le bilan présenté par France Assureurs vient confirmer ce que redoutaient les autorités locales depuis plusieurs semaines : l'été 2026 restera comme l'un des plus destructeurs de la dernière décennie en matière d'incendies de forêt. Au-delà du seul coût financier, ces chiffres traduisent également l'ampleur humaine de la crise, avec des dizaines de milliers de personnes évacuées et un nombre de sinistres jamais atteint depuis plusieurs années. Pour les assureurs comme pour les pouvoirs publics, cette saison pourrait relancer le débat sur l'adaptation des territoires au risque incendie, alors que les épisodes de sécheresse et de canicule tendent à se multiplier d'année en année sur une grande partie du territoire français.

Des conséquences durables pour les territoires touchés

Au-delà des chiffres globaux, les assureurs soulignent que les conséquences de ces incendies vont s'étaler sur plusieurs mois, voire plusieurs années pour certains sinistrés. La reconstruction des habitations détruites nécessite souvent des délais longs, entre les expertises, l'obtention des permis de construire et la disponibilité des entreprises du bâtiment dans des zones où la demande explose soudainement. Pour de nombreuses familles, la période de relogement temporaire pourrait ainsi se prolonger bien au-delà de la fin de l'année, avec des conséquences concrètes sur la scolarisation des enfants, l'organisation du travail et la vie quotidienne dans des régions déjà éprouvées par plusieurs semaines d'évacuation et d'incertitude.

Le risque incendie de plus en plus pris en compte par les assureurs

Ce bilan pourrait également peser sur la manière dont les assureurs évaluent le risque incendie dans certaines zones du territoire. Plusieurs compagnies avaient déjà commencé à renforcer leurs critères de souscription dans les régions les plus exposées à la sécheresse et aux feux de forêt, notamment dans le sud-ouest et le sud-est de la France. L'ampleur des dommages de cet été pourrait accélérer cette tendance, avec un risque de hausse des primes d'assurance pour les propriétaires situés dans les zones les plus vulnérables. France Assureurs plaide de son côté pour un renforcement des politiques de prévention, estimant que l'adaptation des territoires au risque incendie doit devenir une priorité partagée entre l'État, les collectivités locales et le secteur de l'assurance.

Sources et attribution : bilan chiffré publié par France Assureurs le 28 août 2026, déclarations de sa présidente Florence Lustman, et annonces gouvernementales formulées par le Premier ministre Sébastien Lecornu lors de son déplacement en Gironde à la mi-août 2026.

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#incendies#France Assureurs#Gironde#Landes#Var#assurance
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