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Politique

Présidentielle 2027 : Olivier Faure officialise sa candidature à la primaire de la gauche

Le premier secrétaire du Parti socialiste a annoncé aux députés de son groupe sa décision de se présenter à la primaire de la gauche en vue de 2027, où il devra notamment affronter l'eurodéputé Raphaël Glucksmann, présenté comme le grand favori du scrutin.

Par Rédaction Arkendia News
Publié le 30/08/2026 à 15:21 · 6 min de lecture
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Portrait d'Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste
Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste. Olivier Faure, CC BY SA 2.0.
En bref
Sommaire
  1. Une annonce faite aux députés du groupe
  2. « Je suis prêt », confie-t-il à la presse
  3. Un parti reconstruit depuis la débâcle de 2022
  4. Un duel annoncé avec Raphaël Glucksmann
  5. Au moins quatre autres candidats en lice
  6. Un paradoxe assumé face à son ancien poulain
  7. Une primaire qui l'a mis en minorité au sein du PS
  8. Un duel à fleurets mouchetés à Blois
  9. Une primaire née d'un accord entre le PS et Place publique
  10. Un scrutin déterminant pour l'avenir du PS

C'était un secret de polichinelle depuis plusieurs semaines. Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste depuis huit ans, a officiellement annoncé ce dimanche sa candidature à la primaire de la gauche organisée en vue de l'élection présidentielle de 2027, mettant fin à des semaines de spéculations sur ses intentions.

Une annonce faite aux députés du groupe

C'est devant les députés de son propre groupe parlementaire qu'Olivier Faure a d'abord confié sa décision, quelques heures après son discours de clôture de l'université d'été du Parti socialiste, organisée les vingt huit et vingt neuf août à la Halle aux grains de Blois. « J'ai pris la décision de me présenter à cette primaire », a-t-il écrit à ses collègues, précisant qu'il détaillerait son projet le dimanche soir même, au journal de vingt heures de TF1.

« Je suis prêt », confie-t-il à la presse

Dans un entretien accordé au journal La Tribune Dimanche, le premier secrétaire du PS a livré les motivations de sa décision. « J'ai beaucoup travaillé, j'ai beaucoup écouté, beaucoup réfléchi, je suis prêt », a-t-il confié, à cinquante huit ans, alors qu'il brigue pour la première fois de sa carrière politique la magistrature suprême. En 2022, il avait laissé la place à Anne Hidalgo, dont la candidature avait débouché sur le plus mauvais score de l'histoire du parti, avec seulement un virgule sept pour cent des voix au premier tour.

Un parti reconstruit depuis la débâcle de 2022

Arrivé à la tête du Parti socialiste au moment même de cette débâcle historique consécutive au quinquennat de François Hollande, Olivier Faure revendique aujourd'hui d'avoir réancré sa formation à gauche, selon les mots de plusieurs de ses soutiens. Cette ligne, plus marquée sur le plan social que celle défendue par ses prédécesseurs, a permis au PS de retrouver un poids électoral non négligeable lors de plusieurs scrutins locaux, tout en continuant à alimenter des débats internes vifs sur la stratégie d'alliance à adopter avec les autres formations de gauche.

Un duel annoncé avec Raphaël Glucksmann

Olivier Faure devra toutefois affronter, au sein même de cette primaire de la gauche sociale démocrate, l'eurodéputé Raphaël Glucksmann, coprésident du mouvement Place publique, dont la cote de popularité progresse régulièrement dans les sondages depuis plusieurs mois. Ce dernier fait figure de grand favori du scrutin, crédité selon une enquête récente de dix à quinze pour cent des intentions de vote au premier tour de la présidentielle, un score sans commune mesure avec celui d'Olivier Faure, qui plafonne pour sa part entre trois virgule cinq et cinq pour cent lorsqu'il est testé dans les mêmes études d'opinion.

Au moins quatre autres candidats en lice

Outre Raphaël Glucksmann, Olivier Faure devra également composer avec au moins quatre autres candidats déclarés à cette primaire, parmi lesquels les députés socialistes Jérôme Guedj et Philippe Brun, ainsi que l'ancienne candidate à la présidentielle Ségolène Royal, qui avait annoncé sa participation dès le mois de juillet. Cette multiplication des candidatures illustre la vivacité, mais aussi la fragmentation persistante, du camp social démocrate à l'approche de l'échéance présidentielle.

Un paradoxe assumé face à son ancien poulain

La situation revêt une dimension particulière pour Olivier Faure, qui avait lui-même contribué au lancement politique de Raphaël Glucksmann, en le désignant tête de liste PS Place publique aux élections européennes de 2019, contre l'avis de plusieurs opposants internes à l'époque, avant de le reconduire à ce même poste en 2022. Depuis, l'eurodéputé, dont la ligne pro européenne et fermement opposée à La France insoumise s'est affirmée au fil des mois, s'est progressivement rapproché de certains opposants historiques du premier secrétaire au sein même du Parti socialiste.

Une primaire qui l'a mis en minorité au sein du PS

Signe des tensions internes que traverse le parti, Olivier Faure a été mis en minorité pour la première fois depuis son arrivée à la tête du PS lors d'un vote des militants organisé en juillet sur les modalités de cette primaire, un scrutin dont l'organisation semble, selon plusieurs analystes, avoir été taillée sur mesure pour favoriser la candidature de Raphaël Glucksmann. Le chef des députés socialistes à l'Assemblée nationale, Boris Vallaud, a d'ailleurs officiellement apporté son soutien à l'eurodéputé quelques jours avant l'université d'été de Blois, un ralliement qui a été perçu comme un signal fort envoyé au premier secrétaire du parti.

Un duel à fleurets mouchetés à Blois

Lors de l'université d'été du Parti socialiste, les deux principaux prétendants ont multiplié les apparitions communes tout en évitant soigneusement toute attaque frontale. Entouré de plusieurs soutiens de poids, dont les élues Carole Delga et Nicolas Mayer Rossignol, Raphaël Glucksmann a orchestré une entrée remarquée sur le site de la Halle aux grains, où Olivier Faure s'est ensuite invité à ses côtés devant les caméras, donnant à la scène des allures de pesée avant un combat de boxe. Le premier secrétaire a toutefois tenu à rassurer les militants présents, promettant qu'il n'y aurait « pas de sang sur les murs » lors de cette campagne interne, qu'il souhaite voir se dérouler comme « un débat sérieux et passionné ».

Une primaire née d'un accord entre le PS et Place publique

Cette primaire de la gauche sociale démocrate résulte d'un accord conclu fin août entre le Parti socialiste et le mouvement Place publique, destiné à départager, au sein de cette famille politique, le candidat le mieux placé pour représenter cette sensibilité lors de la présidentielle de 2027. Sa mise en place avait toutefois suscité des critiques jusque dans les rangs de la gauche elle-même, certains responsables, comme le député François Ruffin, ayant publiquement fustigé ce qu'ils considèrent comme une primaire construite sur mesure pour un seul camp plutôt que comme un véritable exercice démocratique ouvert à toutes les sensibilités de gauche.

Un scrutin déterminant pour l'avenir du PS

Au-delà du seul enjeu présidentiel, cette primaire s'annonce déterminante pour l'avenir même du Parti socialiste, dont la ligne stratégique pourrait être profondément redessinée selon l'issue du scrutin. Une victoire de Raphaël Glucksmann viendrait consacrer une ligne plus résolument europhile et distante de La France insoumise, tandis qu'un succès d'Olivier Faure prolongerait l'orientation plus marquée à gauche défendue par le premier secrétaire depuis huit ans. Les prochaines semaines de campagne interne devraient permettre de clarifier davantage les lignes de fracture entre les différents candidats, avant la tenue du scrutin dont la date précise reste encore à confirmer par les instances organisatrices de cette primaire inédite pour le camp social démocrate.

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