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International

Corée du Nord : Kim Jong-un purge son armée et écarte son ministre de la Défense

Le dirigeant nord-coréen a limogé son ministre de la Défense lors d'une vaste réorganisation de l'état major militaire annoncée dimanche par l'agence officielle KCNA, dans un contexte de rapprochement avec la Russie et de tensions persistantes avec Washington.

Par Rédaction Arkendia News
Publié le 30/08/2026 à 11:21 · 6 min de lecture
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Portrait du dirigeant nord coréen Kim Jong-un
Kim Jong-un, dirigeant de la Corée du Nord, en 2019. Kremlin.ru, CC BY 4.0.
En bref
Sommaire
  1. Un limogeage confirmé par l'agence officielle
  2. Une exclusion de l'appareil du parti
  3. Kim Son Gi promu à la tête de l'armée
  4. D'autres mouvements en cascade au sommet du régime
  5. Un pays qui affiche ses ambitions militaires
  6. Des manœuvres américano sud-coréennes en toile de fond
  7. Des scientifiques de la défense mis à l'honneur
  8. Une opacité qui alimente toutes les hypothèses
  9. Séoul et Washington restent attentifs
  10. Une armée sous surveillance constante

La Corée du Nord a procédé à un remaniement d'ampleur au sommet de son armée, sacrifiant au passage l'homme qui occupait jusqu'ici le poste de ministre de la Défense. Cette réorganisation, annoncée dimanche par l'agence officielle KCNA, intervient dans un contexte de tensions persistantes avec les États Unis et de rapprochement de plus en plus assumé avec la Russie.

Un limogeage confirmé par l'agence officielle

Selon KCNA, Kim Jong-un a présidé samedi une réunion consacrée à une vaste réorganisation de l'état major militaire du pays. Au terme de cette rencontre, No Kwang Chol, jusqu'alors ministre de la Défense, a été démis de ses fonctions. Il ne quitte toutefois pas totalement l'appareil d'État : il est nommé premier vice directeur du département des munitions, une fonction qui reste stratégique dans un pays dont l'économie de guerre repose largement sur la production d'armement, mais qui constitue indéniablement une rétrogradation pour celui qui dirigeait jusqu'ici l'ensemble des forces armées nord-coréennes.

Une exclusion de l'appareil du parti

Au-delà de son limogeage du ministère, No Kwang Chol a également été exclu de la direction centrale du Parti des travailleurs, la formation unique au pouvoir à Pyongyang depuis la fondation du régime. Cette double sanction, à la fois militaire et politique, laisse penser que l'ancien ministre a pu commettre un manquement jugé sérieux par le sommet de l'État, même si, comme c'est systématiquement le cas dans ce pays très opaque, aucune explication officielle n'a filtré sur les motifs précis de cette éviction.

Kim Son Gi promu à la tête de l'armée

Pour le remplacer, Kim Jong-un a choisi Kim Son Gi, jusqu'alors directeur du bureau de la politique générale de l'armée, une fonction qui lui donnait déjà une vision transversale de l'appareil militaire nord-coréen. Sa nomination s'inscrit dans une logique de continuité relative, l'homme étant déjà un rouage bien identifié du haut commandement, plutôt que dans une rupture complète avec les équipes en place.

D'autres mouvements en cascade au sommet du régime

La réorganisation ne s'est pas arrêtée au seul ministère de la Défense. Pak Jong Chon, conseiller auprès du ministère, se voit désormais attribuer le poste de vice président de la Commission militaire centrale du Parti des travailleurs, un organe clé qui supervise l'ensemble de la chaîne de commandement militaire du pays. Deux autres responsables ont également été promus au cours de cette même réunion : Om Ju Ho, commissaire politique de l'armée de l'air, devient membre du Comité central du parti, tandis que Yu Kwang U, directeur du bureau de la sécurité de l'armée, rejoint le bureau politique de cette même instance. Ces nominations dessinent les contours d'une nouvelle génération de responsables militaires et politiques placés directement sous l'autorité de Kim Jong-un.

Un pays qui affiche ses ambitions militaires

Cette réorganisation intervient alors que Pyongyang, qui dispose de l'arme nucléaire, ne cesse d'afficher ses ambitions en matière de capacités militaires. Selon des estimations relayées cet été par Donald Trump, la Corée du Nord posséderait désormais cinquante sept armes nucléaires, un chiffre qui, s'il était confirmé, placerait le pays parmi les puissances nucléaires les plus actives de la planète en proportion de sa population. Cette montée en puissance s'accompagne d'un rapprochement de plus en plus assumé avec Moscou : selon le président ukrainien Volodymyr Zelensky, la Russie réclamerait même désormais des renforts massifs à la Corée du Nord dans le cadre de son offensive en Ukraine, un soutien logistique et humain qui viendrait renforcer les liens déjà anciens entre les deux régimes.

Des manœuvres américano sud-coréennes en toile de fond

Ce remaniement survient également un peu plus d'une semaine après la clôture des exercices militaires conjoints annuels entre la Corée du Sud et les États Unis, que Pyongyang considère traditionnellement comme une répétition en vue d'une éventuelle invasion de son territoire. Ces manœuvres ont pourtant été considérablement réduites cette année par le président américain Donald Trump, dans un geste explicite adressé à Kim Jong-un, qu'il a déjà rencontré à trois reprises lors de son premier mandat à la Maison Blanche. Ce contexte alimente les spéculations sur une possible reprise du dialogue direct entre les deux dirigeants, même si aucune rencontre officielle n'a pour l'instant été annoncée.

Des scientifiques de la défense mis à l'honneur

Toujours samedi, mais lors d'une cérémonie distincte, Kim Jong-un a par ailleurs félicité un groupe de scientifiques, de chercheurs et de responsables pour leurs avancées dans le domaine des technologies de défense, leur accordant les honneurs de la nation selon un compte rendu séparé de l'agence KCNA. Ces personnalités ont été distinguées pour avoir contribué, selon les termes officiels, à résoudre des problèmes scientifiques et techniques d'importance capitale dans le développement de nouveaux systèmes d'armement de combat, une formulation qui laisse entrevoir la poursuite d'un programme de modernisation militaire accéléré.

Une opacité qui alimente toutes les hypothèses

Comme souvent avec les décisions internes prises au sommet de l'État nord-coréen, aucune explication détaillée n'a été fournie sur les raisons exactes de l'éviction de No Kwang Chol. Les spécialistes de la région s'interrogent sur plusieurs hypothèses : un désaccord sur la conduite de la modernisation de l'armée, une volonté de Kim Jong-un de renouveler les visages à la tête de l'institution militaire à l'approche d'échéances stratégiques, ou encore un simple ajustement de gestion interne sans portée politique majeure. Faute d'accès à des sources indépendantes sur place, les observateurs continuent, comme à chaque mouvement de ce type, à se contenter des seules informations distillées au compte gouttes par l'agence officielle KCNA.

Séoul et Washington restent attentifs

À Séoul, les services de renseignement sud-coréens surveillent traditionnellement de très près ce type de mouvement au sein du haut commandement nord-coréen, y voyant souvent un indicateur avancé de l'orientation stratégique que Pyongyang entend donner à sa politique de défense dans les mois à venir. Aucune réaction officielle n'avait toutefois été communiquée dimanche par les autorités sud-coréennes ni par l'administration américaine, qui se contentent généralement, dans ce genre de situation, d'analyser dans la durée les conséquences concrètes de ces nominations sur le terrain plutôt que de réagir dans l'urgence à chaque annonce en provenance de Pyongyang.

Une armée sous surveillance constante

Ce nouveau chapitre dans la gestion du haut commandement militaire nord-coréen illustre, une fois de plus, la rapidité avec laquelle Kim Jong-un peut remanier son état major sans avoir à en justifier publiquement les motifs. Depuis son arrivée au pouvoir en 2011, le dirigeant a procédé à plusieurs vagues de purges similaires, touchant tour à tour des figures pourtant considérées comme proches de lui. Cette instabilité récurrente au sommet de l'appareil militaire nord-coréen continue de nourrir les interrogations de la communauté internationale sur la solidité réelle des équilibres de pouvoir à Pyongyang, dans un contexte régional déjà marqué par de fortes tensions autour du programme nucléaire du pays.

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#Corée du Nord#Kim Jong-un#armée#Pyongyang#international
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