Copier la citation
Commencez à taper pour rechercher
International

Au Niger, la junte reprend une importante base militaire aux mutins avec l'aide de la Russie

Des militaires mutinés avaient tenté samedi de s'emparer d'une base près de l'aéroport de Niamey. La garde présidentielle, appuyée par l'Africa Corps russe, a repris le contrôle du site après une nuit de tirs.

Par Rédaction Arkendia News
Publié le 30/08/2026 à 10:49 · 6 min de lecture
6 vues
Vue aérienne de la ville de Niamey, capitale du Niger
Vue aérienne de Niamey, capitale du Niger (photo d'illustration, domaine public CC0).
En bref
Sommaire
  1. Un week end de tension à Niamey
  2. Le déroulé des évènements de la nuit à samedi
  3. La reprise de la base avec l'appui de l'Africa Corps
  4. Qui sont les mutins et quelles étaient leurs motivations
  5. Le rôle croissant de la Russie au Niger depuis 2023
  6. Le général Tiani et la consolidation du pouvoir de la junte
  7. Réactions régionales et internationales
  8. Un contexte sahélien marqué par l'instabilité militaire
  9. Quelles suites possibles pour le régime nigérien

Le Niger a de nouveau vécu un épisode de très forte tension ce week end. Selon une source diplomatique citée par l'Agence France Presse, les forces de la junte au pouvoir à Niamey ont repris samedi 29 août le contrôle d'une importante base militaire jouxtant l'aéroport international de la capitale, après une tentative de mutinerie menée par plusieurs dizaines de soldats. L'opération de reprise a été menée par la garde présidentielle, appuyée par des hommes de l'Africa Corps, la structure paramilitaire russe qui a pris la suite du groupe Wagner au Sahel. Plusieurs militaires mutinés ont été tués dans l'assaut, selon les premiers éléments transmis à l'agence de presse.

Un week end de tension à Niamey

Les premiers signes de trouble sont apparus dès la nuit de vendredi à samedi. Des tirs nourris ont été entendus autour du palais présidentiel de Niamey ainsi qu'à proximité de la base aérienne installée dans l'enceinte de l'aéroport de la capitale. Les habitants du quartier ont rapporté des échanges de tirs prolongés pendant plusieurs heures, plongeant une partie de la ville dans l'incertitude. Les autorités n'ont dans un premier temps livré aucune communication officielle, laissant circuler des informations parcellaires relayées par des sources locales et diplomatiques.

Le déroulé des évènements de la nuit à samedi

Selon les recoupements effectués par l'AFP auprès de plusieurs sources sécuritaires, un groupe de militaires mécontents aurait tenté de s'emparer de points stratégiques autour de la présidence et de la base aérienne durant la nuit. Les motivations précises de cette tentative restent floues à ce stade, les autorités nigériennes n'ayant pas communiqué en détail sur les revendications des mutins. Ce type d'épisode n'est pas isolé au Niger depuis l'arrivée au pouvoir de la junte militaire en juillet 2023, le pays ayant déjà connu plusieurs alertes similaires ces derniers mois.

La reprise de la base avec l'appui de l'Africa Corps

C'est finalement dans la journée de samedi que la situation a basculé en faveur du pouvoir en place. Les forces de la garde présidentielle, épaulées par des combattants de l'Africa Corps, sont parvenues à reprendre le contrôle de la base militaire visée par les mutins. Cette structure paramilitaire russe, qui a succédé au groupe Wagner après la mort de son fondateur Evguéni Prigojine, s'est progressivement installée dans plusieurs pays du Sahel, dont le Mali, le Burkina Faso et désormais le Niger, en accompagnement des juntes militaires locales dans leur volonté affichée de s'émanciper des partenaires occidentaux traditionnels.

Qui sont les mutins et quelles étaient leurs motivations

Les autorités nigériennes n'ont pas détaillé l'identité ni le nombre exact des soldats impliqués dans cette tentative de mutinerie. Les tensions internes au sein de l'armée nigérienne ne sont pas nouvelles, certains cercles militaires reprochant régulièrement au commandement des retards de solde, des conditions de vie difficiles sur le terrain ou des désaccords sur la conduite des opérations contre les groupes armés qui sévissent dans plusieurs régions du pays, notamment dans la zone dite des trois frontières partagée avec le Mali et le Burkina Faso.

Le rôle croissant de la Russie au Niger depuis 2023

Depuis le coup d'État de juillet 2023 qui a porté au pouvoir le général Abdourahamane Tiani, Niamey a multiplié les signes de rapprochement avec Moscou, à l'image de ses voisins malien et burkinabè. Cette bascule s'est traduite par l'arrivée progressive de conseillers militaires et d'unités combattantes russes, chargés d'appuyer les forces armées nigériennes dans la lutte contre les groupes djihadistes, mais aussi, comme l'illustre l'épisode de ce week end, dans la protection rapprochée du pouvoir en place face aux menaces internes.

Le général Tiani et la consolidation du pouvoir de la junte

Cette nouvelle alerte sécuritaire intervient alors que le général Tiani cherche à consolider son autorité, plus de trois ans après avoir renversé le président élu Mohamed Bazoum, toujours détenu depuis le putsch. La junte a rompu les accords de défense qui liaient historiquement le Niger à la France et aux États Unis, préférant miser sur une coopération sécuritaire renforcée avec la Russie. Cette épisode de mutinerie, rapidement maté grâce à l'appui de l'Africa Corps, illustre la dépendance croissante du régime nigérien vis à vis de ce partenaire pour assurer sa propre survie politique.

Réactions régionales et internationales

Aucune réaction officielle des pays voisins ni des organisations régionales n'avait été rendue publique au moment de la reprise de la base par les forces loyalistes. La Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest, qui avait dans un premier temps envisagé une intervention militaire après le coup d'État de 2023 avant d'y renoncer, observe avec attention l'évolution de la situation sécuritaire dans un Sahel de plus en plus fragmenté, où les juntes militaires du Mali, du Burkina Faso et du Niger ont formé leur propre alliance, l'Alliance des États du Sahel, en rupture avec les instances régionales traditionnelles.

Un contexte sahélien marqué par l'instabilité militaire

Cet épisode s'inscrit dans un contexte régional où les tentatives de déstabilisation interne des juntes militaires ne sont pas rares. Le Mali voisin a lui aussi connu plusieurs alertes similaires ces derniers mois, tandis que le Burkina Faso reste confronté à une pression sécuritaire continue de la part des groupes armés. Cette instabilité chronique nourrit un cercle où les régimes militaires renforcent leur dépendance à des partenaires extérieurs, au premier rang desquels la Russie, pour assurer à la fois la lutte contre le terrorisme et leur propre protection face aux risques de contestation interne.

Quelles suites possibles pour le régime nigérien

Dans l'immédiat, aucune source officielle n'a précisé le nombre exact de victimes ni le sort réservé aux militaires mutinés interpellés lors de l'assaut. Les prochains jours devraient permettre d'en savoir davantage sur les motivations précises de cette tentative et sur les mesures que la junte pourrait prendre pour prévenir de nouveaux épisodes similaires, qu'il s'agisse de purges au sein de la hiérarchie militaire ou d'un renforcement encore accru de la présence de l'Africa Corps aux abords des sites stratégiques de la capitale nigérienne.

Pour la population de Niamey, ces nuits d'incertitude rappellent la fragilité persistante des équilibres politiques et sécuritaires qui prévalent depuis le coup d'État de 2023. Beaucoup d'habitants disent redouter un nouvel embrasement, tout en constatant que le pouvoir en place parvient jusqu'à présent, grâce notamment à l'appui de ses alliés russes, à contenir rapidement chaque tentative de contestation venue de l'intérieur des forces armées.

Partager
#Niger#Afrique#Russie#Africa Corps#coup d'État#Sahel
Votre réaction
Précédent
Islande : les électeurs disent non à la reprise des négociations d'adhésion à l'UE
Suivant
Corée du Nord : Kim Jong-un purge son armée et écarte son ministre de la Défense